CAREME 2015

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CAREME 2015

Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.

5ème dimanche – 22 mars 2015

Lecture du livre de Jérémie : 31, 31-34
Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l’Alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir d’Égypte : mon Alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’avais des droits sur eux. Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés, déclare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur coeur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ils n’auront plus besoin d’instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands, déclare le Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.

Commentaire  (François Brossier)
Le livre de Jérémie est surtout constitué d’avertissements véhéments pour le roi, ses conseillers, les prêtres qui, après la première prise de Jérusalem par le roi de Babylone (en 597 avant J.C.) continuent une vie d’infidélités vis-à-vis du Seigneur, Dieu d’Israël. Jérémie annonce qu’au lieu de voir revenir rapidement les premiers déportés, les habitants de Jérusalem connaîtront une nouvelle déportation. C’est ce qui est arrivé en 587. Cependant le message de Jérémie n’est pas désespéré : il est sûr de la fidélité à ses promesses. C’est pourquoi dans ce passage célèbre, il annonce que Dieu va faire une nouvelle alliance avec son peuple. Celle-ci ne sera plus inscrite sur des tables de pierre mais dans le cœur de chacun.
Pour les chrétiens, le don de l’Esprit saint réalise cette nouvelle alliance : c’est l’Esprit qu’ils ont reçu qui les fait vivre en accord avec Dieu.

Lecture de la lettre aux Hebreux (5, 7-9)
Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Commentaire  (François Brossier)
L’obéissance dont il est question ici évoque bien sûr le cri de Jésus à son Père à Gethsémani : « Père, si tu veux écarter de moi cette coupe… Pourtant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise! » Mais attention : la volonté de Dieu n’est pas de voir souffrir et mourir son fils ; la volonté de Dieu, c’est le salut des hommes par son Fils, non grâce à un acte de puissance mais en allant jusqu’au bout de l’amour-don.

Évangile de Saint  Jean (12,20-33)
Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? — Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi que cette voix s’est fait entendre, c’est pour vous. Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Commentaire (François Brossier)
Dans l’évangile de Jean, nous approchons de la semaine de la Passion. Jésus est entré solennellement à Jérusalem (ce que nous fêtons aux Rameaux).

À la suite de cette entrée triomphale, les pharisiens sont choqués : « Voilà que tout le monde se met à sa suite ! »

« Tout le monde… », l’évangéliste en voit l’illustration dans le passage que nous lisons en ce dimanche : Voici des grecs (sans doute des sympathisants du judaïsme venus en pèlerinage à Jérusalem), qui cherchent à voir Jésus. Ils s’adressent à deux disciples qui portent des noms grecs. Notons que ce sera bien l’expérience de tous les croyants après la résurrection : on ne rencontre Jésus Christ que par des témoins. Aucun ne peut devenir croyant par lui-même mais par la rencontre d’autres chrétiens eux-mêmes attachés au témoignage des apôtres. Ce devenir constamment « missionnaire », c’est-à-dire « toujours en mission » pour pouvoir de témoigner l’amour de Dieu.

On s’attend à la rencontre de ces grecs avec Jésus mais celui-ci se contente d’annoncer sa passion et sa résurrection grâce à la parabole du blé qui meurt dans la terre pour porter du fruit. Pour tous les êtres humains, la rencontre avec Jésus ne peut être que la rencontre avec le crucifié et le ressuscité.

Rencontrer Jésus en vérité conduit à le suivre en perdant sa vie comme Jésus pour vivre avec lui : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. »
La suite du texte montre bien que nous sommes dans le climat de la Passion. Les paroles de Jésus sont les mêmes qu’à Gethsémani : « Mon âme est troublée… Père, sauve-moi de cette heure. » Mais la mort de Jésus ne se comprend qu’à la lumière de la résurrection, c’est pourquoi la glorification de Jésus est évoquée aussitôt.

Les grecs ne sont pas oubliés : Jésus élevé sur la croix, c’est Jésus élevé dans la gloire de son Père qui attirera tous les hommes à lui. « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Et de là haut Jésus n’oubliera personne. Comme a fait le Pape François en rencontrant hier les « misérables » des banlieues et des prisons de Naples.

 

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